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Amérique du nord


Alaska route

23 juillet 1998 - km 0 - Osaka, Japon

Départ

Osaka, Japan Il y a environ 3 mois, j'ai commandé mon nouveau vélo. Quand j'ai téléphoné au magasin quelques jours avant, ils m'ont dit qu'ils attendaient des pièces. C'était seulement deux jours avant le départ! Le mécano (Monsieur Suzuki) a travaillé toute la nuit pour terminer. Il habite près de Tokyo, à 600 km...

Ce matin, des amis et ma famille sont venus chez moi pour me dire au-revoir. Quatre heures avant le vol, j'ai quitté ma maison pour aller à l'aéroport. Sans mon vélo... M. Suzuki était dans le train en direction de Tokyo...

3 heures avant mon vol, j'ai retrouvé M. Suzuki à la gare d'Osaka. Il avait une très grosse boite dans le train à grande vitesse. Je suis arrivé à l'aéroport 90 minutes avant le départ. Avec cette grosse boite, il n'y avait de temps pour inspecter le contenu.

J'étais très stressé - trop stressé pour être triste de quitter ma famille et mes amis.

L'avion a quitté le Japon à 15h25 et est arrivé en Alaska à 9h30 du matin. J'ai regretté de ne pas m'être préparé plus tôt. J'avais arrêté de travailler 6 mois avant mais j'avais commencé par me reposer. Les derniers mois, tous mes amis m'ont invité chez eux. A la fin, il me restait seulement une demi-heure...


23 juillet 1998 - km 10 - Anchorage, Alaska, USA

Premiers pas de mon voyage.

Alaska C'était très étrange de partir l'après-midi et d'arriver le matin, mais le même jour! Il faisait chaud à Osaka (30° C / 86° F) et à l'arrivée seulement 10°C (50°F). En 11 heures, je suis passé de l'été à l'hiver. J'ai vu des petites montagnes enneigées! L'Alaska est près du pôle nord.

A l'extérieur de l'aéroport, j'ai finalement réussi à ouvrir la grosse boite de M. Suzuki. J'y ai trouvé un cadre bleu ciel et un porte-bagage très brillant. J'ai monté les pédales, la selle et le guidon avec soin. J'ai décidé de l'appeler Daisukebike. J'étais prêt à partir!

Le vent était très frais. Je me sens frais! J'ai un nouveau vélo, je ne suis pas habitué à conduire du côté droit de la route, je n'ai pas d'expérience avec les dollars et je parle seulement un peu anglais.

Les journées étaient très longues - le soleil se couchait à 23h et se levait à 4h du matin. L'été était court mais magnifique et vert. Les plus grands ours du monde vivent sur l'île de Kodiak qui n'est pas loin d'Anchorage. Le Mont McKinley n'est pas loin non plus: un aventurier japonais, M. Uemura, y est mort en 1984. Je suis allé vers Fairbanks, pour rencontrer M. Funatsu pour voir ses traineaux et ses chiens ainsi que la magnifique nature.


6 août 1998 - km 891 - Fairbanks, Alaska, USA

Coureur de chien de traineau

Fairbanks J'avais entendu parler de M. Funatsu aux informations: il faisait une course de chiens de traineaux de la Sibérie à l'Alaska, en compagnie d'un autre Japonais. Une brasseur le sponsorisait. La course était difficile et dangereuse. Mr. Ikemoto, the fondateur du Japanese Adventure Cyclist Club, m'a donné l'adresse de M. Funatsu. Je ne l'avais jamais rencontré mais j'en avais très envie: il y a plus de 20 ans, il a traversé le Sahara sur un vélo à voile avec un ami. Il habite à 50 km au nord de Fairbanks avec sa femme (et 30 chiens). Leurs revenus proviennent des prix remportés lors des courses et de la vente de chiens.

En été, les nuits durent seulement 4 heures. En hiver, il n'y a pas de soleil du tout! Il va faire froid aussi: -40°C. Les moteurs des voitures vont geler et ne peuvent plus démarrer. Malgré ça, les enfants continuent d'aller à l'école et les gens travaillent.

M. Funatsu me dit que parfois, le climat rend la vie difficile, mais la nature est très belle. Il aime utiliser les chiens de traineau l'hiver; faire les courses peut prendre la journée. Mais quand M. Funatsu et ses chiens forment une bonne équipe, il se sent très bien. Pendant la courte période estivale, il ramasse des myrtilles dans la forêt et pêche des saumons dans les rivières. Ensuite, les élans croisent son chemin. Les fleurs bourgeonnent. Mars est sa période préférée, même si la température est de -20°C (-4°F). Il fait plus chaud qu'en hiver. En mars aussi, on peut voir le premier lever de soleil de la saison, ce qui l'impressionne chaque année. Ils adorent l'Alaska.

M. Funatsu m'a donné des conseils : comme juillet correspond à la fin de l'été et qu'août va devenir froid prochainement, je dois rapidement aller vers le sud. Il m'a dit de demander aux gens du coin s'il y a des ours sauvages. Le moment le plus estival est de mi-juin à mi-juillet. Cet été a été froid: la température maximale à midi a seulement été de 10°C (50°F).


26 septembre 1998 - km 4725 - Sorrento, Canada

Au coin du feu

Camping in Canada Les deux derniers mois, j'ai voyagé et dormi dans ma tente tous les jours. Je plante ma tante n'importe où mais loin des habitations. Comme ça, je peux dormir tranquille. J'ai oublié l'électricité, les toits en dur et les lits.

J'ai pédalé 130 km aujourd'hui, comme hier. Je suis fatigué. J'aimerais camper sur les berges du lac, il y a des maisons fermées. Tout à coup, je vois un feu et des gens qui ont entre 40 et 50 ans. L'anglais du Canada est encore difficile pour moi, mais j'accepte l'invitation à leur barbecue. Le feu (et la bière) nous ont fait beaucoup de bien. On s'est vite sentis comme de vieux amis. Juste avant le coucher de soleil, M. et Mme King m'ont dit que ça allait être difficile de planter ma tente dans la nuit. Ils m'ont demandé de rester chez eux. Ils m'ont emmené en ville avec mon vélo dans leur voiture et m'ont invité à dîner dans un pub.

Le pub était assez bruyant: on ne pouvait pas très bien se comprendre. Après le dîner, j'ai dansé avec Mme King. C'était ma première danse et ça n'a pas été super, mais on s'est bien amusés.

C'était mon jour de chance: dormir dans un lit, sous un toit, dans une maison chauffée. J'ai apprécié les choses que je considérais comme acquises au Japon, mais que j'avais oubliées.



USA route

9 novembre 1998 - km 8842 - Arizona, USA

Tempête de sable

Road in Arizona Je suis sur une terre hostile. Il n'y a ni ville, ni ferme à des kilomètres à la ronde. Le sol est presque complètement plat; il n'y a aucune protection.

Il y avait du vent hier soir, j'ai donc mis ma tente derrière un bâtiment désert. La nuit, le ciel était clair mais il y a eu de plus en plus de vent. Quand je me suis levé, avant le lever de soleil, le vent d'ouest était très fort. Je voulais aller vers l'est pour avoir le vent dans le dos. Je roulais très vite 32 km/h (20 mph). Quand le soleil s'est levé, j'ai vu un gros nuage sombre se former sur les lieux derrière moi.

Pas un, mais deux bouts de métal ont provoqué des crevaisons. J'ai réparé les trous très rapidement et j'ai continué ma route. Le nuage derrière moi devenait de plus en plus gros, le vent de plus en plus fort. Je savais qu'une tempête arrivait mais je ne pouvais pas refaire 10 miles pour retourner où j'avais dormi. La ville suivante, Bowie, était encore à 20 miles. J'ai pédalé aussi vite que j'ai pu.

Juste avant d'arriver à Bowie, le vent faisait tourbillonner le sable. La poussière était omniprésente - le nuage m'avait rattrapé. Je ne voyais plus rien à part la route au-dessous de moi. J'avais beaucoup de mal à pédaler droit car le vent soufflait dans toutes les directions. Les automobilistes roulaient très lentement mais j'avais peur qu'un d'entre eux me percute. Je ne voulais pas m'asseoir car je ne savais pas combien de temps allait durer la tempête. J'ai continué autant que j'ai pu.

Dix minutes plus tard, la tempête s'est calmée. Le vent était encore très fort et il y avait de gros nuages au-dessus de moi. J'entendais le tonnerre. Un camion avec des ouvriers qui travaillaient sur la route s'est arrêté. Ils m'ont de me dépêcher pour arriver au premier restaurant de Bowie le plus vite possible. Ils étaient désolés de ne pas pouvoir m'emmener. La route tournait pour aller en direction du nord, le vent soufflait de côté à ce moment-là. Je suis tombé. Ca a été très dur de relever mon vélo et je n'avais plus de forces dans les mains.

A 50 mètres du restaurant, les gens à l'intérieur me voyaient. Mais ils avaient trop peur de sortir pour m'aider. "Plus que 50 mètres", je me suis dit. En me utilisant mes dernières forces, j'ai atteint la porte du restaurant. Ca a été les 50 les plus longs! Les gens m'ont fait entrer ainsi que mon vélo.

Un orage de grêlons a éclaté. Le ciel était très mauvais ce jour-là.

Dans le restaurant, les gens m'ont donné du café et j'ai pu prendre une douche. On m'a aussi lavé mon vélo.

Quelques heures plus tard, tout était terminé. J'ai repris la route...


19 décembre 1998 - km 11464 - Mexico City, Mexico

Policiers au Mexique

Big hats in Mexico City Hier, je suis arrivé à Cuantitlan. Je cherchais un endroit où dormir, mais je ne trouvais que des hôtels chers à au moins 150 pesos la nuit. J'ai décidé de planter ma tente mais je n'ai pas pu trouver d'endroit sans maison. Je suis proche de la ville de Mexico, il y a beaucoup d'habitants. Quand je me suis arrêté dîner dans un resto, le serveur m'a dit que je pouvais peut-être dormir au poste de police. J'y suis allé pour demander.

J'ai trouvé 3 policiers dans un petit bureau du commissariat qui était derrière une église. Parfois, je me sens mal à l'aise avec les policiers. Mon appréhension déclencha de la peur. Je leur ai demandé: "Je suis allé dans différents hôtels de la ville mais j'arrive pas à en trouver un bon marché. Qu'est-ce que je peux faire?". Un des policiers répondit : "Vous pouvez rester dans la pièce à côté!" Ils m'ont autorisé à rester et ont mis mon vélo dans le bureau. Le chef de la police est venu me demander si j'avais faim. Il m'a dit : "Viens avec moi!". Il m'a emmené chez un ami où il y avait une fête. "Tu manges autant que tu veux!" m'a-t-il dit.

Le matin suivant, les policiers m'ont apporté le petit-déjeuner. Je les ai remerciés et leur ai dit: "Adios!" puis j'ai continué ma route en direction de Mexico City (8 millions d'habitants). Il y avait beaucoup de policiers dans les rues et beaucoup étaient à vélo. Ils m'aidaient toujours quand je demandais mon chemin. Parfois, ils faisaient encore plus et m'emmenaient là où je voulais aller. Je pense que les officiers de la police mexicaine sont très sympas.

A Mexico City, j'ai dormi une nuit dans un hôtel japonais. Il y avait plus de 30 Japonais, certains étaient des motards. Ils ont tous eu de mauvaises expériences avec la police. Tout le contraire de mon expérience, ce qui m'a surpris. Les mises en garde de ces motards m'ont rendu méfiant envers la police. Mais la police mexicaine a toujours été sympa avec moi.


26 janvier 1999 - km 21900 - Campeche, Mexico

Péninsule du Yucatan

Fisher Le Yucatan (Mexique) est une terre tropicale. C'est l'hiver et la saison sèche ici en ce moment, mais parfois, il fait très chaud et parfois il pleut.

Sur la route, quand je quitte les grandes villes, je traverse des villages pauvres. Certains n'ont pas de chaussures. Les gens travaillent tous les jours mais leurs salaires sont faibles. Ils gagnent peu d'argent. Leur vie est est très simple.

Hier, je me suis arrêté dans un petit village. Une des familles pauvres m'a invité. Ils m'ont accueilli chaleureusement. La mère m'a fait des oeufs brouillés le matin. Juste pour moi. Parce que les oeufs sont chers pour eux. Alors, ils ont mangé des haricots. Ils ne se sont plaint de rien. Ils m'ont dit au revoir très chaleureusement ce matin. Mon coeur s'est mis à battre très fort.



Central American route

14 février 1999 - km 14055 - Belize City, Belize

Belize City

Belize Belize est le deuxième plus petit pays d'Amérique centrale, situé au sud du Mexique et à l'est du Guatemala. Il a la plus faible population d'Amérique centrale. Beaucoup de gens, Européens y compris, ne connaissent pas ce pays. C'est le seul pays où la langue officielle est l'anglais. La capitale s'appelle Belmopan et compte 10 000 habitants. La ville la plus grande s'appelle Belize City et compte 50 000 habitants. Les Majas y vivaient il y a longtemps. En 1502, Christophe Colomb était ici et les Espagnols ont colonisé Belize. En 1862, la Grande-Bretagne a pris le dessus et en 1964, Belize est devenue indépendante, bien que le gouverneur anglais soit resté au pouvoir. Le Honduras et le Guatemala contestent encore les frontières du Belize.

En 1987, le Belize et la Chine sont devenus amis et de nombreux Chinois sont venus dans ce pays. Ces Chinois gèrent maintenant les magasins, les restaurants et les hôtels. En 1989, les liens avec Taïwan se sont renforcés et l'amitié avec la Chine s'est refroidie. Ensuite, beaucoup de Taïwanais sont venus travailler dans l'agriculture. Le Royaume-Uni possède toujours une présence militaire.

Quand je suis arrivé au Belize, j'ai remarqué qu'il y avait beaucoup de Noirs. Environ 60% de la population est d'origine africaine. C'est une des plus grosses différences avec les autres pays. Beaucoup de Noirs n'ont pas d'emploi, j'en ai rencontré beaucoup. La plupart des magasins sont protégés par des barres, pour empêcher les voleurs de pénétrer. Presque tous les magasins ferment le dimanche et même les jours de la semaine, la plupart des magasins ferment à 17h. Le journal national est publié seulement 2 fois par semaine.

Les propriétaires chinois des restaurants pensent que les Noirs sont paresseux et qu'on ne peut pas leur faire confiance. Dans la ville de Mexico, il y avait beaucoup de policiers mais ici, il y en a peu. Les gens doivent donc se protéger eux-mêmes.

Belize est très peu peuplée (1 habitant au km²) et ce n'est pas très développé. Il y a (encore) beaucoup de jungle vierge. C'est le seul endroit où vivent les tapirs sauvages.


19 février 1999 - km 14291 - Tikal, Guatemala

Les ruines de Tikal

Tikal ruins De la frontière du Belize jusqu'aux ruines de Tikal, il y avait seulement 100 km. Je suis passé de l'anglais à l'espagnol, ce qui était difficile pour moi car je ne parlais pas bien espagnol. Les gens aussi étaient différents: ils étaient plus sympas. Je préfère les gens sympas (même si je ne peux pas les comprendre).

33 km plus loin, la route goudronnée et vallonnée s'est transformée en un chemin plein de grosses pierres. J'ai eu peur de casser quelque chose sur mon vélo en descendant les routes pentues et non pavées. J'étais recouvert par la poussière des camions et des bus qui passaient. J'avais faim et j'étais fatigué, j'ai roulé lentement jusqu'au prochain village. Il n'y avait pas de restaurant mais seulement un petit magasin. J'ai demandé s'ils avaient quelque chose à manger. Quand je mangeais un bout en buvant un coca, beaucoup de gens sympas sont venus me voir. Ils vivent dans des familles de 5 ou 6 enfants. Les enfants n'ont pas de chaussures. Des poules, dindes, cochons et chiens vivent autour de la maison. Le temps passe lentement ici et je me suis senti bien. 10 km plus loin, c'était le retour du bitume, jusqu'à Tikal.

Au Mexique, j'ai vu les ruines des Aztèques et des Mayas : Teotihuacan, Chichen Itza, Tulum, Palenque and Uxmal. Toutes sont très belles et ont leurs particularités. Mais Tikal est mon lieu préféré. C'est une grande ville Maya, complètement cachée dans la jungle. Il y a 5 pyramides, toutes plus grandes que les arbres. La jungle couvrait les ruines.

Je suis monté au sommet d'une des pyramides et j'ai apprécié la vue spectaculaire. J'ai vu des mapaches (une sorte de ratons-laveurs), des singes et des chauves-souris.


18 mars 1999 - km 15084 - San Salvador, El Salvador

Agence de coopération international japonaise au Salvador (JICA)

Cathedral in San Salvador Quand j'étais à San Salvador, je suis allé dans les bureaux de la JICA (Japan International Cooperation Agency) à l'extérieur du centre-ville, dans un quartier résidentiel chic. J'ai sonné et on m'a fait entrer. A l'intérieur, des Salvadoriens et des Japonais étaient très occupés. C'était comme la société japonaise dans ce bâtiment. Je me suis senti très bizarre - je voyage depuis un long moment en Amérique centrale et je ne suis plus habitué à cette vitesse.

JICA aide les pays du Tiers-Monde en envoyant des techniciens et des étudiants volontaires pour aider à construire l'économie locale et développer le système social. Des professeurs japonais dans les domaines de l'agriculture, de l'éducation et de l'art viennent au Salvador pour enseigner. J'espère que ça aidera également à la paix dans le monde!

M. Kamishima, membre du Japanese Adventure Cyclists Club et manager de la JICA au Salvador, est venu me voir. Il m'a invité chez lui et j'y suis resté quelques jours.


24 mars 1999 - km 15360 - Honduras

Des enfants bruyants.

Honduras Partout où je roule en Amérique centrale, les enfants me crient : "Chino!" ou "Gringo!". Chino est utilisé comme insulte pour les Chinois et Gringo, c'est la même chose pour les Nord-Américains. Mais maintenant, c'est simplement "Bonjour!".

J'ai été surpris par la qualité de l'asphalte sur la route panaméricaine au Honduras; au Salvador, cette route était en mauvais état. A cause de ça, je doutais que le Honduras était le pays le plus pauvre d'Amérique centrale. Mais très vite, j'ai réalisé que cette route la seule chose en bon état au Honduras. Les maisons sont abîmées, les enfants n'ont pas de chaussures et beaucoup d'enfants vivent dans de très petites pièces.

Les nombreux enfants crient "gringo" mais ne sourient pas. Ils sont comme des chiens - s'il y en a un qui commence à crier, beaucoup d'autres commencent aussi à "aboyer". Les personnes plus âgées n'empêchent pas les enfants de crier. Même s'ils ne me touchaient pas, ni ne me jetaient de pierres, j'avais peur de m'arrêter quelque part.

Je ne comprends pas pourquoi les enfants criaient sur moi comme ça, ce qu'ils voulaient dire. Ca me rendait mal à l'aise.


31 mars 1999 - km 15743 - Managua, Nicaragua

Vacances de Pâques

Chursh in Managua En Amérique centrale, les gens célèbrent la "semaine sainte", qui se passe la semaine avant Pâques. Toutes les banques, les bureaux de poste, beaucoup de magasins et de bureaux sont en vacances, les villes sont calmes. Pas très pratique pour les voyageurs.

Je suis arrivé au Nicaragua le samedi avant la semaine sainte. Je n'ai pas pu changer mes travellers checks, ni à la frontière, ni dans une banque parce que tout était fermé. J'avais très peu de dollars américains, quelques Colons (du Salvador) et quelques Lempiras (du Honduras). La patrouille de la frontière m'a dit que je pourrai changer mes travellers à Managua, qui se trouvait à 3 jours de route. J'ai changé tout l'argent liquide que j'ai pu trouver.

Je suis arrivé à Managua le mardi, en pleine semaine sainte. Le mercredi matin, j'ai quitté l'hôtel pas cher où j'étais pour trouver une banque ouverte dans la rue très animée où il y a toutes les banques, à 7 km.

J'entendais des informations contradictoires. Certains disaient que les banques étaient ouvertes de lundi à mercredi. D'autres disaient qu'elles ouvraient chaque matin. Le premier à me donner une information sûre était un officier de sécurité: les banques étaient ouvertes ce mercredi matin mais fermées le reste de la semaine. J'ai vite trouvé une banque dans laquelle il y avait une longue queue.

J'ai fait la queue 30 minutes. Quand j'ai montré mes chèques, l'employé m'a dit que cette banque ne changeait pas les chèques. Je suis vite allé dans une autre banque, avec une autre longue queue. J'ai attendu à nouveau. 10 minutes, 20 minutes. "On ne peut pas changer vos chèques". J'étais désespéré. J'ai demandé à de nombreuses personnes et quelqu'un m'a parlé de la seule autre banque où aller. C'était déjà fermé. J'étais déçu et j'en avais marre.

J'ai rencontré un autre agent de sécurité et je lui expliqué mon problème dans mauvais espagnol. Il m'a dit qu'il y avait un autre endroit où changer de l'argent: dans le centre commercial, à 500 m. Ca m'a donné de l'espoir. La porte était encore ouverte et j'ai cru que j'allais réussir à changer de l'argent. Mais quand j'ai essayé d'entrer, quelqu'un m'a arrêté. "On a fermé il y a quelques minutes à cause de la semaine sainte." Mon espoir s'est évaporé.

J'avais trouvé environ 5 dollars US en monnaie Cordoba (du Nicaragua) dans mes bagages - ça allait être impossible pour moi de survivre avec aussi peu d'argent. J'avais besoin de 3 US dollars pour l'hôtel; le reste était pour un repas, et je n'avais pas encore pris de petit-déjeuner! J'ai parlé à l'agent de sécurité de ma situation. Il connaissait un autre endroit : à 5 km...

Je sentais que c'était ma dernière chance. Je me suis perdu mais j'ai trouvé la boutique, qui était ouverte! L'employé n'a pas répondu à ma question immédiatement. Il a regardé les chèques, puis m'a regardé. J'avais très peur, mon coeur battait très fort. Heureusement, il les a acceptés.

J'étais très heureux de pouvoir survivre pendant la semaine sainte (2 heures avant que cette boutique ferme aussi!)


4 avril 1999 - km 15973 - La Cruz, Costa Rica

Mon premier vol

Albano Mon guide disait que le Costa Rica était la Suisse d'Amérique centrale: beaucoup de montagnes, beaucoup de touristes et un pays sûr. Bien sûr, je me méfie toujours des voleurs, mais je me sentais plus détendu que dans d'autres pays.

Hier, j'ai traversé la frontière Nicaragua - Costa Rica. On m'a demandé 3 US dollars de taxe de sortie. Le douanier suivant m'a dit qu'il me fallait un permis bicyclette. On s'est disputés 20 minutes et je suis parti sans payer. Immigrer au Costa Rica coûte seulement 0,30 US dollars. L'entrée au Costa Rica était facile.

Il y avait beaucoup de nids de poule sur les routes et je devais faire attention. Il n'y avait pas beaucoup de circulation sur la panaméricaine et j'étais tranquille. Les collines et montagnes rendaient la progression à vélo plus difficile qu'au Nicaragua. Il y a beaucoup d'arbres sur les montagnes; il fait un peu plus frais dans les forêts. La campagne m'a fait penser au Japon: beaucoup de vert. Les gens, surtout les enfants, ne sont pas bruyants. Je voyais le Costa Rica comme un pays paisible.

Il y a 4 jours, j'ai rencontré M. Albano à Managua et on a roulé ensemble. On a vite trouvé une petite chambre dans un hôtel pas cher une fois arrivés à La Cruz. Le propriétaire nous a dit que c'était un lieu sûr et qu'on pouvait laisser les vélos, avec les bagages, à l'extérieur.

Quand on s'est réveillés au lever du soleil, j'étais surpris de trouver le contenu de mes sacoches tout autour du vélo. J'ai pensé que c'était à cause d'un chien qui cherchait à manger. Mais quand je me suis aperçu que les 4 sacoches avaient été ouvertes et qu'elles avaient été vidées de leur contenu, j'ai compris qu'on m'avait volé mes affaires.

J'ai regretté d'avoir été insouciant parce que comme on voyageait à deux, je me sentais plus fort. J'ai aussi regretté d'avoir fait confiance au propriétaire de l'hôtel. J'ai quand même vérifié ce que j'avais perdu: une lampe frontale, des médicaments, des T-shirts, mon nouveau réchaud, du papier toilette, un anti moustiques, une petite veste et mon drapeau japonais sur lequel de nombreux amis avaient signé!

Certaines choses peuvent être remplacées mais la veste était le cadeau d'un ami et le drapeau japonais ne pouvait être remplacé. Jamais M. Albano ne faisait plus attention que moi: il avait mis tout ses bagages dans sa petite chambre, et il n'a laissé qu'une pompe à vélo aux voleurs.

"C'est pas croyable", a dit le manager, "c'est peut-être la famille qui est partie très tôt ce matin". Aller à la police ne ramènerait pas nos affaires donc nous n'avons pas fait de déclaration de vol. On s'est sentis mal et on a quitté l'hôtel le matin même.


12 avril 1999 - km 16300 - San Jose, Costa Rica

Influence américaine

Market Chichicastenango (un village du Guatemala) est connu des touristes étrangers parce qu'il a un grand marché où toutes les femmes indiennes portent leurs costumes traditionnels. Elles se rassemblent dans ce village pour vendre de magnifiques tissus, de l'artisanat rare, etc. Et beaucoup de touristes viennent ici pour voir les Indiens et acheter des souvenirs.

Les Indiens savent que les touristes étrangers ont beaucoup d'argent et qu'ils ont une meilleure vie qu'eux. Les touristes étrangers dépensent plus d'argent que les locaux. (Bien sûr que je n'ai pas pu acheter de souvenirs, parce que je continue mon voyage et je dois économiser).

j'ai visité ce village, je me suis promené. Quand j'étais fatigué, j'ai trouvé une épicerie.

J'ai demandé : "Je peux avoir un coca? C'est combien?". La vendeuse a répondu : "Bien sûr. 5 quetzals s'il vous plait". J'ai dit: "C'est trop cher!" (Le prix normal est de 2 quetzals). La femme a répondu: "Les étrangers gagnent plus d'argent que nous, donc ils doivent payer plus." Je n'ai rien dit et j'ai pris la bouteille.

J'ai continué à marcher après avoir bu le coca. Quand j'ai eu à nouveau soif après quelques heures, je suis entré dans une autre boutique et j'ai demandé: "Est-ce que je peux avoir un coca, s'il vous plait?". La vendeuse a répondu: "Bien sûr, c'est 2 quetzals!". Je lui ai demandé: "C'est vraiment 2 quetzals? C'était 5 quetzals dans l'autre boutique"

Elle a répondu: "C'est le même prix, que tu sois d'ici ou pas. Parce que c'est la même chose! Je vends ce coca au même prix à tous les clients."

Je lui ai répondu "Muchas gracias!" (Merci beaucoup!)

Je me suis senti bien. Beaucoup de locaux deviennent fous avec l'argent à cause des riches touristes qui visitent le village. Je comprenais. Mais j'étais content d'avoir rencontré cette femme.

2 Quetzals = 0.3 U.S Dollars


2O avril 1999 - km 16547 - Bribri, Costa Rica

Bribri

A beach to suffer brbri

Bribri est une petite ville, entourée de champs de bananes, à l'est du Costa Rica, près de Panama. Je trouve le nom très drôle parce qu'en japonais, "bribri" signifie diarrhée.

Je suis une personne en bonne santé. J'étais toujours en bonne santé au Japon. Mais maintenant, dans ces pays tropicaux, j'attrape la diarrhée aussi. Je ne savais pas qu'être malade pouvait être aussi difficile.

Quand je suis en bonne santé, je ne pense pas à tomber malade. C'est seulement quand j'ai mangé que je commence à penser aux risques. J'ai beaucoup regretté ma nourriture environ 5 fois. Mais les regrets (après coup) ne sont pas suffisants pour aller mieux; cette fois, j'ai besoin de médicaments.

Je me sens mal quand je ne suis pas en bonne santé. Rouler à vélo est difficile quand on doit aller aux toilettes constamment. Même pendant la nuit, la diarrhée ne me laisse pas dormir.

Dans ces pays chauds mais pauvres, il est facile de tomber malade. Pas seulement à cause de la nourriture mais aussi à cause des nombreux contacts avec les gens pauvres qui représentent de nombreuses opportunités d'avoir la diarrhée. Les cyclistes ont toujours faim, et souvent quand il n'y a pas de bon endroit où manger. On doit faire très attention.

Je remercie Dieu d'être à nouveau en bonne santé (grâce à l'aide des médicaments).


28 avril 1999 - km 16902 - Panama City, Panama

Ville de contrastes

Panama Canal

Panama est un petit pays avec beaucoup de petites villes. C'est aussi plus riche que les autres pays d'Amérique centrale: je vois des voitures neuves, des supermarchés bien remplis. Les prix sont aussi bas que dans les autres pays.

Les enfants ne crient pas "Gringo" - je suis à l'aise pour voyager ici.

J'ai traversé le canal par le grand pont (américain) et j'ai été surpris par le trafic très dense et le nombre de personnes. J'ai pu voir beaucoup de bâtiments très hauts: la ville de Panama, qui a l'air d'une ville très animée et moderne. J'ai atteint l'autre côté, j'étais dans le vieux centre qui comporte de nombreux bâtiments sales et abîmés. C'était très différent de ce que j'avais vu depuis le milieu du pont. Il y avait beaucoup de chômeurs dans les rues et beaucoup me regardaient depuis les fenêtres ouvertes des vieux appartements. Je voulais quitter les lieux rapidement car je ne me sentais pas à l'aise.

Quand j'ai atteint le nouveau centre de la ville, j'ai vu beaucoup de magasins, de clients, d'hommes d'affaire et de touristes. J'ai roulé dans un quartier de bureaux avec de nombreux très beaux bâtiments. C'était la ville que j'avais vue depuis le pont.

Beaucoup de rues sont en sens unique et les automobilistes roulent comme des fous. J'ai vu beaucoup d'agressivité, entendu beaucoup de klaxons et ai été témoin de quelques accidents. Ca ne concerne pas seulement les voitures et les camions mais aussi les bus publics qui n'ont aucun respect pour les piétons et les cyclistes. Parfois, ils ignorent les feux rouges donc je dois faire très attention, même quand mon feu est vert. La ville de Panama est la ville la plus moderne d'Amérique centrale, mais c'est aussi celle des pires conducteurs.

Un hôtel bon marché coûte environ US$ 5.00 par nuit, une entrée au cinéma seulement US$ 1.00, un menu au restaurant à partir de US$ 1.00 (et McDonald coûte US$ 3.00 ce qui fait que c'est un restaurant pour les classes moyennes). Les prix sont moitié moins cher qu'aux Etats-Unis.

Un menu bon marché, "arroz y sopa", un plat populaire au Panama, est composé de nombreux ingrédients comme : l'igname (un légume qui ressemble à une pomme de terre), du poulet (avec les os) ou du boeuf ou du porc, du maïs, des oignons, des carottes, du potiron et des bananes. Le riz est un peu salé. C'est assez délicieux. Au Panama, j'ai presque toujours bu l'eau fraiche du robinet qui était servie avec la soupe.

Je ne vois pas de mendiants dans le centre-ville, ils restent dans les quartiers pauvres de la ville. Le contraste entre les riches et les pauvres est très important. 500 000 habitants vivent dans la ville de Panama. La situation économique de Panama est assez bonne, sans doute grâce au canal qui va être rendu aux Panaméens à la fin de l'année 1999. Je ne sais pas ce qui va se passer ensuite.


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