previous
up
next

Amérique du sud


South American route

Le 5 mai 1999 - km 16952 - Cali, Colombie

Immigrants japonais en Colombie

Cali

Quand j'étais en Amérique du nord et en Amérique centrale, beaucoup de gens m'ont dit de ne pas aller en Colombie : ce n'était pas sûr. Je n'avais pas de projet pour la suite après Panama. En fait, les cartels de la drogue et du crime posent beaucoup de problèmes en Colombie. J'ai décidé de ne pas traverser la jungle du Darien à vélo car la saison des pluies arrivait et car l'ambassade du Japon me l'a déconseillé.(La jungle du Darien est une zone au sud de Panama, avec une jungle très dense et très peu de routes en bon état) J'ai rencontré un cycliste hollandais, Joery Meurs, dans un hôtel dans la ville de Panama et il m'a donné des conseils. Il a pédalé d'Ushuaia à Panama et a été en Colombie. Là-bas, il s'est fait beaucoup d'amis et n'a eu aucun problème. La Colombie est son pays préféré.

J'ai décidé d'aller en Colombie. Joeri est allé de Cartagena à Panama en bateau mais c'était plus cher que par avion et ça lui a pris beaucoup de temps. J'ai donc voulu aller à Cali en avion car j'avais un contact japonais là-bas: un membre du Japanese Adventure Cyclists Club.

Dans les quartiers riches de Cali, au nord de la ville, j'ai rencontré Madame Yoshimi Tanaka et je suis resté 3 jours chez elle. Son mari, M. Shigeo, est mort en 1998. Il était Président d'une entreprise japonaise et avait été décoré par l'empereur japonais.

En 1929, le gouvernement japonais avait envoyé des spécialistes en agriculture et leurs 5 familles en Colombie pour aider au développement du pays. Ces spécialistes avaient permis de transformer la jungle en terres fertiles. Après 5 ans et des débuts difficiles, le frère de M. Tanaka a été invité. Au début, ils faisaient pousser des haricots mais maintenant c'est du sucre de canne. Un bon nombre de ces Japonais sont devenus assez riches et ils n'ont plus besoin de travailler la terre.

Beaucoup d'entre eux auraient pu vendre leurs terres et retourner au Japon mais en réalité, très peu sont rentrés au pays parce qu'au Japon, il y avait très peu de terres disponibles et les mentalités sont plus fermées. M. et Mme Tanaka sont une des familles qui a le plus réussi. Ils sont restés en Colombie. Madame Tanaka m'a donné les adresses de ses filles en Equateur.

Ils aiment la Colombie, même quand il y a des problèmes : un des fermiers japonais a été touché par balle à la jambe et on lui a volé sa voiture dans sa propre propriété. Mais la communauté japonaise est déterminée à rester ici.


13 mai 1999 - km 17031 - Popayan, Colombie

En montant et en descendant les Andes

Bicycle in Columbia

C'est par un jour nuageux que j'ai quitté l'hôtel bon marché après 4 jours. J'y suis resté 4 nuits parce que j'avais un rhume (mais aussi parce que l'hôtel était très confortable). Le sympathique propriétaire m'a invité à dîner plusieurs fois.

Ca avait l'air d'être un jour pluvieux mais j'ai décidé de partir quand même. La route était très pentue, juste après avoir quitté la ville. Je me suis arrêté quelques minutes pour souffler. J'étais essouflé et mon rythme cardiaque était très élevé. J'étais encore malade. Je me trouvais à plus de 2000 m d'altitude. J'ai bu de l'eau et j'ai pris ma respiration. 20 km plus loin, j'ai trouvé un petit village, je me suis arrêté dans un restaurant pour boire un coca.

Le propriétaire du restaurant m'a dit qu'il y avait 5 cols de plus avant d'arriver à Popayan. Malgré mon état de santé pas super, je voulais arriver à Popayan. Après les 5 cols, je me suis arrêté dans une petite boutique pour me reposer: il me restait 30 km. Il a commencé à pleuvoir. J'ai mis mon vêtement contre la pluie et j'ai continué ma route. Il s'est avéré qu'il y avait 4 cols de plus sur cette route et aucune portion plate! J'étais épuisé.

Pas facile de pédaler sans porter beaucoup de bagages.


19 mai 1999 - km 17336 - Quito, Equateur

Le trajet difficile pour rejoindre Quito

Andes

J'ai à nouveau la diarrhée - je ne sais pas pourquoi. Le poulet de la nuit dernière n'a peut-être pas été complètement cuit. Ou bien l'orange était pourrie. Ou alors les bananes étaient mauvaises. Pourtant, je mange toujours des fruits comme ça. Je ne suis pas en super forme. J'ai quitté Tabacundo (Equateur) pour aller à Quito.

Quito a seulement quelques centaines de mètre de différence avec Tabacundo mais la Panaméricaine descend dans une vallée pendant 5 km, traverse un pont et remonte très fort (10%) sur 3 km. C'était le début de la journée donc je n'avais aucun problème. Je suis arrivé dans une ville plus basse que Tabacundo mais la route descendait encore! C'était à seulement 30 km de Quito et je devais regagner beaucoup d'altitude. Je m'attendais à une portion de route difficile et je suis allé dans un petit restaurant pour manger en quantité.

La route montait et montait encore, de façon très raide après le premier pont. Pas de portion plate. Il faisait chaud et le soleil brillait fort. Mes habits étaient trempés à cause de la transpiration. La sueur de mon front coulait dans mes yeux et je devais m'arrêter régulièrement pour reprendre mon souffle.

5 km plus loin, j'ai trouvé un autre restaurant et j'ai bu un litre de coca très rapidement, tout en parlant au commerçant. Il m'a dit que beaucoup de cyclistes s'arrêtent à son magasin. J'ai continué à grimper lentement, en faisant un demi-tour de pédale à chaque fois. Sans bagages, ça aurait été beaucoup plus facile - je regrette d'avoir autant d'affaires. 2 heures plus tard, j'ai atteint le sommet et un autre magasin où je me suis reposé. Le commerçant m'a dit que je n'avais pas encore atteint le sommet - il y avait encore un col et après j'allais descendre sur Quito.

Mes jambes étaient lourdes comme du plomb et je devais m'arrêter souvent, mais finalement, j'y suis arrivé au vrai sommet! Depuis le sommet, j'avais une belle vue sur toute la ville mais je me suis senti malade et j'ai eu un mal de tête. Je me suis senti vieux.

Quito (1 400 000 habitants) se trouve à 2850 mètres - la deuxième ville la plus haute du monde. Je me suis demandé pourquoi autant de gens vivent ici. J'ai franchi l'équateur aujourd'hui. Je suis dans l'hémsiphère sud - pour la première fois (dans ce voyage).

Après être arrivé à l'hôtel, je ne me suis pas senti bien. Même s'il faisait chaud, mon corps avait froid. Je n'avais pas faim (les cyclistes ont toujours faim) mais j'avais envie de vomir. J'avais mal à la tête. Je souffrais du mal des montagnes et j'avais besoin de me reposer quelques jours mais j'avais rendez-vous pour un entretien à la radio. J'ai décidé d'attendre pour voir comment j'allais aller après ça : je suis allé voir un monument et j'ai dormi un peu plus. J'ai fait l'entretien à la radio et je suis allé voir le monument.


28 mai 1999 - km 17805 - Iles Galapagos, Equateur

Un jour dans les îles

Iguanas

Les îles tropicales des Galapagos sont devenues célèbres après les recherches qui y ont été faites par Charles Darwin et son livre sur l'origine des espèces. Il y a beaucoup de touristes, principalement parce que les médias parlent beaucoup des Galapagos. Les îles se trouvent à 1000 km du continent et on peut s'y rendre en avion ou en bateau. Les touristes étrangers doivent payer une taxe de 100 dollars, destinée à la protection de la zone. Les visites non guidées ne sont pas autorisées; les visiteurs peuvent voir la faune et la flore seulement en groupes qui circulent d'île en île en bateau. Les îles sont sur la liste des sites du patrimoine de l'humanité de l'UNESCO. Comme la faune et la flore sont très bien protégés, il est très facile de les observer.

Comme les îles sont si isolées, l'évolution des espèces a donné des espèces uniques qui diffèrent de celles (similaires) qu'on peut trouver sur le continent. Pendant mes 5 jours sur les îles, j'ai vu beaucoup d'animaux :

Des oiseaux
Des tortues
Des iguanes
Des otaries
Des dauphins
Des insectes
Des poissons

Les gens qui vivent sur les îles ont apporté quelques animaux domestiques comme des lapins, des chèvres et des chats. Quelques uns d'entre eux se sont enfui. Ils représentent une menace pour la vie sauvage et beaucoup sont donc tués pour protéger les animaux indigènes. De plus, bon nombre des animaux indigènes sont morts à cause des conséquences d'El Niño.

Le gouvernement équatorien essaie également de limiter le nombre de visiteurs mais j'ai peur que la nature ne reste pas intacte.


16 juin 1999 - km 18167 - Lima, Pérou

Les Japonais du Pérou

Cuzco, Peru

Lima, la capitale du Pérou, compte 7 000 000 d'habitants. Alberto Fujimori est le président. Ses parents viennent de Kumamoto au Japon. Il y a seulement 100 ans, beaucoup d'immigrants japonais ont commencé à arriver au Pérou (la plupart pour travailler dans l'agriculture). J'ai rencontré beaucoup de Japonais dans ce pays. A Lima, j'ai été accueilli chez M. Masaru Akita, qui est aussi un membre du Japanese Adventure Cyclists Club. Il a fini son voyage au bout de 6 ans et a décidé de rester au Pérou et de devenir guide touristique. Il m'a fait visiter Lima pendant une semaine.

A Lima, j'ai rencontré d'autres personnes de JICA (l'agence japonaise de coopération internationale). Leur travail consiste à aider les gens qui habitent sur place mais ils ne savaient pas parler espagnol. Ils venaient chaque jour à leurs bureaux dans des voitures avec chauffeurs et avaient des employés qui faisaient la majeure partie du travail pour eux. Ils ne communiquaient pas avec la population locale, ne marchaient pas non plus dans les rues parce qu'ils avaient peur d'être kidnappés. Je me demande comment ils peuvent être efficaces...

Je me suis également rendu à l'ambassade du Japon à Lima et j'ai été très surpris par le nombre d'agents de sécurité. Dans les bureaux, j'ai rencontré un Japonais qui vivait au Pérou et qui était très sympathique. Nous avons seulement pu communiquer à travers une fenêtre par balles d'environ 55 cm d'épaisseur. Tout avait l'air très autoritaire. Je ne me suis pas senti le bienvenu dans ma "propre" ambassade.

Ensuite, je suis allé dans la maison de Fujimori et j'ai fait une visite guidée pour voir l'intérieur de la résidence présidentielle. Dans le groupe, il y avait 8 Japonaises. Les Japonais sont assez timides quand ils sont seuls; mais dans un groupe, ils ne se soucient plus des autres : ils criaient fort. J'ai eu honte.

Les Japonais péruviens

J'ai parlé avec une vieille immigrante japonaise de 86 ans qui est née au Japon. Elle m'a parlé de sa dure vie au Pérou, mais aussi du fait qu'elle était heureuse de vivre au Pérou maintenant. Elle m'a raconté ses expériences, de façon modeste et sans exagérer.

Quand j'étais dans la résidence du Président, j'ai rencontré la soeur du président Fujimori. Ses parents venaient de Kumamoto au Japon, où j'ai vécu quelques années. On a parlé de Kumamoto. Elle était très sympathique, comme les gens qui vivent dans la campagne au Japon. Elle m'a souhaité bonne chance pour mes voyages.

L'agence touristique japonais m'a vendu un billet d'avion pour l'Europe. Je leur ai parlé de mon tour du monde, ce qui les a intéressés. Du coup, ils m'ont beaucoup aidé : pour me faire économiser de l'argent, ils n'ont pas arrêté d'appeler KLM pour que mon vélo soit transporté gratuitement. Finalement, KLM a cédé et a accepté.

La troisième génération de Japonais péruviens ne parle plus japonais. Quand je parle aux Japonais péruviens, ils ont peur de répondre car ils ne se sentent pas à l'aise quand ils parlent "notre" langage. Ils ne parlent peut-être pas ma langue mais j'ai pu reconnaitre leur comportement japonais (ce qui m'a plu).

100 après, beaucoup de familles japonaises se sont mélangées avec des familles péruviennes et leur culture s'est également mélangée. Ils n'ont peut-être pas aussi bien réussi que les Japonais de Colombie (ou autant gagné d'argent), mais ils ont une bonne qualité de vie au Pérou.


previous
up
next